30 mars 2007
Musée de chez Zola
Ici, c'est autre chose...et bien plus court. C'est une description d'un musée imaginaire, version Zola, enfin, on fait comme on peut ^^
Lorsque Jeanne posa ses yeux emplis de curiosité sur la fenêtre du musée, elle ne se doutait pas que quelques minutes plus tard, elle se retrouverait à l’intérieur. L’ombre de sa tête d’enfant était projetée sur le parquet de la salle vide, éclipse de soleil dans cette matinée d’été.
Les minutes passèrent et le reste du corps de la jeune fille se retrouva dans la salle du musée. À ses pieds, une vallée de tableaux faite de creux et de bosses, s’ouvrait devant elle. Les verts et les marrons lui sautaient aux yeux, lui laissant le loisir de s’imaginer dans une prairie. Les cadres brillaient de tous leurs feux, tels des soleils se levant sur la crête des montagnes. La petite fille émerveillée continuait de vagabonder entre les tableaux de peintres inconnus, lui rappelant pour certains un Renoir, pour d’autres un Cézanne. Sortant de cette prairie verdoyante aux reflets d’émeraude et d’agate, elle se retrouva plongée, en pleine fournaise, dans une galerie aux teintes rouges orangées. Ces couleurs lui donnaient chaud, elle en ouvrit son col. Les couleurs lui assaillaient les yeux, la peau, l’attirant partout. C’était un brasier, une fournaise, un volcan. Ces tableaux aux couleurs de l’été, comme Van Gog en avait souvent fait, sentaient la paille et résonnaient du bruit des cigales. Jeanne aurait voulu rester là plus longtemps, mais ses pieds, attirés par quelques curiosités colorées, continuaient d’avancer. Le regard de la jeune fille se porta alors sur une toile, une seule. Celle-ci était d’un bleu, le plus pur qui ne lui ait jamais été donné de voir. Il n’y avait rien d’autre sur ce tableau que cette couleur bleue, un bleu de nuit qui aspirait tout, et prenait toute son importance, même au milieu de couleurs chaudes. C’était un gouffre rempli de ténèbres au milieu de cette fournaise en pleine activité. Ce tableau lui donna froid dans le dos, il cachait quelque chose.
Un peu plus loin, une série de tableaux aux couleurs froides et teintées de verts, bleus et gris, lui rappela la ville dans laquelle elle était. Elle pouvait voir la vapeur sortir d’une toile de Monet, le bruit de la gare, de la foule, cette activité qui rendait tout flou et tourbillonnait autour de la jeune fille. Le vert-de-gris y était roi, ainsi que les bleus azur et les gris perle des nuages. Juste à côté s’élevait un amoncellement de tableaux, un monceau d’œuvre. Cette montagne, dont on ne voyait que les cadres, brillait et semblait faite d’or. Jeanne se demanda comment on pouvait traiter des tableaux de telle sorte. Mais elle n’y pouvait rien, le tas était trop haut pour elle. Elle abandonna donc l’escalade de la colline et resta dans la plaine colorée du musée.
Sur l’un des murs étaient posés l’un après l’autre, les Cathédrales de Monet. Ces changements de couleurs pour une même place intéressèrent au plus haut point la jeune fille qui s’y attarda plus longtemps qu’avant. C’était comme un rideau de pluie jaune, vert, bleue ou encore rouge ou bien rosé, qui s’abattait devant la toile, donnant différentes expressions à cette cathédrale quasi vivante. Elle ne savait plus laquelle regarder, laquelle lui plaisait le plus, laquelle était la plus colorée, laquelle, laquelle, laquelle…
Un bruit de pas se fit entendre, sortant la jeune fille de ses pensées. Elle prit peur et, sans un regard vers cette galerie magique, elle s’enfuit de la salle, la tête pleine d’images et de couleurs diverses et variées.
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