19 avril 2007
Ce ne sont que des souvenirs,
Des épisodes gravés,
Qui me font revenir
Du présent vers un passé visible,
Au plus profond de l'esqisse de poussière
Apparemment inaccessible.
L'âcre senteur du passé,
Signature inviolable
Au creux de la voix lactée
Me rend nostalgique
Au point de me séparer de mes peines
Par un vide cosmique.
Une fois la page terminée,
Une fois l'inspiration envolée,
L'apaisement ensomeille mon esprit vide,
Et ravive le malheur
Enfui depuis tant d'années
Au plus profond de mon coeur...
Comme une empreinte sourde dans le néant
L'écume avance tristement dans le vent
Cicatrice dans la mer
Civilisation qui s'engouffre dans l'univers
Sous le soleil au jaune dansant
Les cendres éclaboussent comme des étincelles...
Dans ses reflets opaques
Circule sans peine une poussière étoilée
Réminiscence d'une situation chaotique
Egratignure d'une quête tragique
Esquisse d'une profonde absence
Rémanence d'une expérience gravée
09 avril 2007
L'écorce amère des tentacules de la dérision
Affronte l'immortel ancêtre de l'écume,
L'éternel azur luisant s'estompe
Face à la luminosité d'une nuit croissante.
L'abîme infini des poussières montantes
Révèle maintenant ses noirs secrets
Enfouis sous ces terres ingrates.
Une épaisse nuée claire déambule
Sous l'amertume et l'espérance.
Un sentiment profond anime nos sens
Jusqu'à l'inévitable guérison.
Alors que le soleil imprègne nos coeurs
De son âcre lumière pure,
Et conduit nos âmes vers de blanches sensations.
Humanité
Pendant que les peuples s'enlisent,
Dans les chemins fuyants,
Une colombe bascule
Dans l'espérance, soleil de la prochaine nuit.
La mémoire ébranlée par le temps immortel,
Dans le labyrinthe de la vie morcelle
Les pistes mauves libérées de leurs percutantes cendres.
Dans la plaine, un appel au secours,
Les arbres chantent le blanc persan de la brume.
Pendant que les derniers soldats rssassent leurs malheurs,
Les femmes implorent à la vie de leur rendre un peu de bonheur,
Elles voient déjà venir de nouveaux croisement sur leur chemin,
Et rêvent au temps où le drapeau blanc s'enracinait gaiement.
J.R.
31 mars 2007
Perle d'alcool
Elle glisse joyeusement
Courant sur la surface de verre poli
Dont les reflets de diamant transpercent
Son corps teinté d’une transparence arrogante.
Et dans le récipient à peine rempli
Elle rencontre ses cousines au caractère de lion.
Ici elles se mélangent toutes
Vin, bière, absinthe et liqueur
Autant de sœurs enjouées à la mine capiteuse
Qui font tourner les têtes et danser les langues.
Et dans ce ballet endiablé où les bulles ont prit congé
La goutte se perd dans le labyrinthe de l’ivresse,
Tremblote et éclate, pleine d’allégresse.
Dans la galerie des saphirs et des émeraudes elle s’égare
Les reflets y sont rois et dictent les volontés
De leur père le Soleil, perforant les nuages.
Ne sachant par où s’enfuir
La goutte abandonne et sans laisser de trace
Se laisse avaler par cette soif vorace.
Le clocher des abysses
Les restes d’écume d’une mer envolée
Souvenirs figés d’une force déchaînée
Aujourd’hui éclaircissent le destin embrumé
De ce monde étrange que l’on appelle humanité
Miette de néant aux allures de souvenirs.
Mais la Lune ocre, assourdissante de lumière
Etend son aura sur les volcans fragmentés
Et révèle au monde gris ses secrets les plus intimes.
Le voile se lève, les ombres grandissent,
Par delà la colline, un rocher scintille
Les mille couleurs entament leur chant, indéfiniment
Sous la couronne enflammée où dansent les saphirs,
Ces pierres qui murmurent l’histoire ancienne
Celle du palais de glace où elles trônaient
Imperturbables et tenaces sur leur clocher de Thrace
Dont il ne reste plus que ces sentinelles funèbres.
Jeunes filles de l'hiver
Poussières incolores teintées d’insouciance
Oubliées des mémoires trop pressées par le temps
Unies sous la bannière des souvenirs muets
Symboles du temps déchu où elles riaient de bon cœur
Sourires abandonnés sur le sentier d’épines
Innocentes perdues dans le labyrinthe de pluie.
Envolées les muses bleues à la crinière de feu
Rêve d’un futur à la musique légère
Espérant le retour de la saison hivernale.
Suivant la farandole des mots aveuglés
De la clairière dorée à la forêt rusée
Ultime danse à la gloire de l’hiver
Puissant rituel des illusions flottantes.
Au temps où le chaos n’était qu’un enfant
Suivant les jeunes filles au rythme des nuages
Sans savoir qu’un jour il serait le plus grand
Et qu’il enverrait ses sœurs chez son ami le printemps.